
Chaque année, l’Union Européenne se donne des objectifs sociaux, pour nouer une relation avec ses citoyens, et ainsi développer une cohésion sociale européenne. Cette année est celle de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Il s'agit d'un fait méconnu : sur 500 millions d’européens , 76 millions vivent en-deçà du seuil de pauvreté. Ce qui représente 16% de la population totale. Ce chiffre peut paraître surprenant au regard de nos sociétés européennes modernes, mais malheureusement les dispositifs sociaux engagés par les Etats ne sont jamais assez suffisants pour résoudre ces problématiques.
C’est pourquoi cette année l’Union Européenne a décidé d’agir par le biais de cet objectif social de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Les moyens mis en œuvre permettent de nouer un dialogue avec les citoyens européens : des consultations en ligne puis des débats organisés pour ceux qui auront eu la chance d’être tirés au sort. La volonté du traité de Lisbonne de développer une démocratie participative est ici manifeste, mais ce qui est le plus surprenant ce sont les personnes qui participent à ce genre de consultations et autres débats. En effet, il s’agit principalement de salariés ou d’étudiants du cycle supérieur, donc à première vue ce ne sont pas les personnes majoritairement concernées par les problèmes sur lesquels elles sont consultées. De plus, même si l’Union Européenne veut réaffirmer l’importance de la responsabilité collective dans la lutte contre la pauvreté en employant un budget de 17 millions d’euros, il ne fait pas de doute que trop peu de citoyens européens sont au fait des actions de l’Union Européenne et du bon emploi de ces deniers publics.

On pourrait penser que la pauvreté et l’exclusion sociale est un sujet suffisamment sensible de nos jours pour que les États puissent s’en occuper d'eux-mêmes, mais visiblement aujourd’hui il ne s’agit pas d’une de leurs priorités. L’Europe entre donc en jeu, mais entre une jachère législative qui caractérise si bien cette Europe et un imbroglio institutionnel dont même les spécialistes ont du mal à se défaire, les citoyens européens ne connaissent même plus la signification de l’Europe. On peut même aller jusqu’à dire que les actions européennes en matière de lutte contre la pauvreté et d’exclusion sociale sont jusqu’ici passées presque inaperçues, car même s’il y a eu une valorisation du droit du travail et une lutte contre les discriminations dans les sociétés, qui peut en démontrer les conséquences effectives ? Finalement, l’Europe même armée de bonnes intentions ne pourra rien entreprendre si elle ne se met pas plus à la portée de ses citoyens, et de tous les citoyens.