2050, un grenier pour 9 milliards d'êtres humains


Le continent asiatique concentre plus de 60% de la population mondiale

D'une estimation de 200 millions d'habitants au Moyen-Âge, à 6 milliards de personnes aujourd'hui, la population mondiale a augmenté de manière exponentielle. Il faut s'en réjouir, cette explosion est principalement liée à l'amélioration des conditions de vie, d'hygiène, d'accès à la santé au cours du 19ème et 20ème siècles. Malheureusement, les ressources restent très inégalement partagées et selon la FAO, 925 millions d'individus souffraient encore de la faim en 2010.

 

Accroissement démographique et réchauffement climatique

Alors que les scientifiques prévoient que 9 milliards d'individus peupleront la planète en 2050, plusieurs experts font part de leurs inquiétudes. Comment faire face à la demande alimentaire croissante, dans un contexte de réchauffement climatique ? L'enjeu est de taille car il faut préserver les ressources en eau, essentielles à la fois pour l'agriculture et pour la survie de l'homme. Il faut aussi apprendre à produire sans détruire l'environnement, pour ne pas accentuer le réchauffement global. Ainsi, l'élevage des ruminants génère 80 millions de tonnes de méthane par an, et la riziculture est en seconde position, avec 60 millions de tonnes de ce puissant gaz à effet de serre. Enfin, certaines cultures essentielles aujourd'hui sont amenées à diminuer, face à un climat plus hostile.

 

Des alternatives sont possibles

Si les inquiétudes sont réelles, les solutions pourraient l'être aussi. Force est de constater qu'aujourd'hui déjà, un septième de la population souffre de la faim tandis qu'un autre septième a trop de denrées à sa disposition. Le problème semble alors davantage lié à une mauvaise répartition de la production qu'à une carence en soi. Ces inégalités sont le fruit de la diminution de l'agriculture vivrière dans les pays en développement, qui, pour des raisons économiques, ont privilégié l'exportation au détriment de la survie des locaux. Ces erreurs doivent nous faire réfléchir à l'avenir, pour envisager des réponses personnalisées et concrètes au Bangladesh, en Chine, en République démocratique du Congo, en Éthiopie, en Inde, en Indonésie ou au Pakistan, qui concentrent à eux seuls 60% des affamés.


© Bruno Monginoux

Pour Michel Griffon, agronome et directeur général adjoint de l'Agence nationale de la recherche, il faut faire appel à l'intensification écologique. Il s'agit d'augmenter les rendements de manière naturelle, sans engrais chimiques. En Afrique par exemple, l'association des cultures donne des résultats plus qu'encourageants. Certains paysans font pousser le mil ou le sorgho sous des acacias. Les feuilles des arbres, riches en nutriments, fertilisent alors les sols en y tombant. La production pourrait être doublée grâce à cette technique qui brise le vent et maintient une bonne humidité. Par ailleurs, l'utilisation de semences naturelles mais plus résistantes aux conditions difficiles, comme le sorgho ou certaines variété de pois, est à l'étude. Il faudra aussi éviter de reproduire les erreurs des pays développés, comme les grandes monocultures, attirant des parasites de même type rendus plus résistants à coups de pesticides. Le labourage intensif est aussi à proscrire, puisqu'il appauvrit le sol et en détruit l'écosystème.

 

Un sursaut politique est indispensable

Le changement doit venir d'une solidarité et d'un respect des engagements des pays développés envers les pays en développement. Cela n'implique pas seulement la classe politique. Chaque citoyen doit mesurer les enjeux du futur, pour son propre avenir et celui de ses enfants. Ceux qui réduisent – voire suppriment totalement – leur consommation de viande, donnent la preuve d'une conscience altruiste. Chaque citoyen a le devoir moral de se renseigner sur les moyens d'action disponibles à son échelle. Car comment se satisfaire d'un repas lorsqu'on pense à ceux qui n'y ont pas droit ? Mais les leaders politiques se doivent de donner l'exemple, et les fonds nécessaires pour un système viable, plus équitable. En 1996, lors du sommet mondial de l'alimentation à Rome, les dirigeants se sont réunis pour s'engager à réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées au plus tard en 2015. Au vu des statistiques énoncées par la FAO à ce moment là, cela reviendrait à limiter les victimes de la faim à 425 millions, soit une réduction d'un demi-milliard dans les 4 prochaines années. Si le sujet n'était pas aussi grave, l'écart entre l'objectif et la réalité ferait presque rire. Peut-être les dirigeants des différents pays attendent-ils que ces personnes meurent toutes de faim pour atteindre leurs statistiques ?  

 

 

Vous pouvez signer la pétition pour alerter les responsables politiques sur le problème de la faim dans le monde, en cliquant que le lien suivant : http://www.1billionhungry.org/

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Concernant la consommation de viande, très peu de personnes sont conscientes de l'impact environnemental que cela peu avoir...