Algues vertes en Bretagne : qui va payer ?

Depuis des années, la Bretagne voit son littoral pollué par des marées vertes. En juillet dernier, cette pollution a causé la mort d'un cheval et le malaise de son cavalier suite à la décomposition de ces algues. Depuis une trentaine d'années, les algues vertes envahissent le littoral breton entre les mois de mai et octobre.

Pour faire face à ce désastre, leur ramassage, leur stockage et leur élimination ont coûté près d'un milliard d'euros en 30 ans. Le débat sur le danger sanitaire de cette pollution est relancé.

Les algues vertes, la plaie de la Bretagne

Pour se développer, les algues ont besoin de soleil et principalement de deux nutriments : le phosphore et l'azote. Si le premier est naturellement présent en abondance dans l'océan, le second provient principalement de l'agriculture. La Bretagne, bien connue  pour son agriculture intensive productiviste, est une source considérable de rejet d’azote. Ramené par les pluies vers les cours d'eau, l'azote finit sa course sur le littoral où se développent les algues vertes.

Les algues vertes peuvent-elles tuer ?

Échouées, ces algues dégagent une odeur nauséabonde qui s'apparente à celle de l'oeuf pourri. A l'origine de ce parfum capable de refroidir même « le plus gros des crados », l'hydrogène sulfuré, qui résulte de la décomposition de ces végétaux marins. Lorsqu'elles sont remuées, ces algues peuvent alors dégager ce gaz en quantité importante, au point de pouvoir occasionner  vertiges, intoxications respiratoires aigues, œdèmes pulmonaires, problèmes cardiaques… Pour être dangereux à l'air libre, ses concentrations doivent être particulièrement importantes.

Dangers des marées vertes : qui est responsable ?

Juridiquement, ce sont les maires des communes qui sont responsables de la sécurité du littoral. Face à de nombreuses accusations, d'une seule et même voix, les associations et les maires ont accusé l'Etat d'avoir négligé l'importance de ce dossier, pourtant vieux de plus de 40 ans. Mais face à l’inaction, certains maires sont obligés de prendre les devants, ainsi le maire de Trédez-Locquémeau de la région de Lannion (Côtes d’Armor) a interdit la promenade sur une partie de son littoral. Bien triste nouvelle pour une des régions françaises les plus touristiques au moment estival… La question que tout le monde se pose est la suivante : l’État va-t-il enfin prendre ses responsabilités ?

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