Génocide pour des sushis

Sushi tendance : la fin programmée du thon rouge

Cette gourmandise mondialisée, est une menace pour la survie de la pêche et des espèces comme le requin et le thon rouge. Le phénomène a pris une telle ampleur que la principauté de Monaco a proposé l'inscription de l'emblématique thon rouge à la Convention pour le Commerce International des Espèces menacées (CITES) afin d'en interdire le commerce international, responsable de la surpêche et de la pêche illégale.

Mets très apprécié des mangeurs de sushis ; le thon rouge est victime de son succès. Pourtant, à force de consommer du poisson de manière débridée, l’océan se vide inexorablement.

Le déclin de l'espèce

Les stocks de Thon rouge du Sud, dans lesquels les Japonais puisaient, se sont effondrés à la fin des années 80. Le thon rouge de l’Atlantique est alors devenu la nouvelle cible, surtout pêché en Méditerranée, où il vient se reproduire.

Ce poisson est pêché par l'ensemble des pays du bassin méditerranéen auxquels se joignent un grand nombre de bateaux d'autres pays. Pêchés par les filets européens - la France, l’Italie, l’Espagne en tête-, parfois déguisés sous pavillon libyen, ou issus des fermes d'engraissement au large de Malte, le thon rouge, victime de l'engouement mondial, risque de subir le même sort que la morue de Terre-Neuve il y a vingt ans: cette espèce a été épuisée par la surpêche.

Suite aux efforts déployés par le Japon, la conférence sur les espèces en danger réunie au Qatar le 18 mars dernier, a rejeté l'interdiction de pêche au thon rouge en Méditerranée et en Atlantique.

Il n'est pas inutile de mentionner que 80% de la pêche mondiale passe par le Japon. Au grand marché de Tokyo s'échangent chaque jour  2 000 tonnes de poissons dont 50 tonnes de thon  rouge de Méditerranée, condamné à l'extinction en l’absence de réaction rapide.

Derrière ce marché juteux, six multinationales japonaises se partagent le butin et stockent dans d'immenses coffres-forts, à -60°C, plus de 60 000 tonnes de thon rouge (issus aussi bien de la pêche légale illégale) qui leur permettent de jouer sur les cours mondiaux. Car au Japon, le thon rouge vaut de l’or. La baisse des prix pousse donc les pêcheurs à pêcher au-delà de leurs quotas pour rembourser leurs thoniers. La firme Mitsubishi en détient à elle seule 60%.

Les chalutiers, instruments de cette pêche massive, raclent le fonds des mers et remontent dans chaque filet 40 tonnes de prises, dont les deux-tiers, "les prises accessoires"- repartent à l'eau.

Impact écologique et économique

Selon le directeur de recherches à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), le nombre de bateaux de pêche est deux à trois fois supérieur aux capacités de reconstitution de la ressource. A ce rythme, la totalité des espèces commerciales aura disparu en 2050.

On estime que 80% des ressources de thon rouge de l'Atlantique a disparu en 20 ans (de 1990 à 2010). Par ailleurs, l'élevage de ce poisson a également de sérieuses conséquences écologiques ; 15 kg de poissons sauvages (réduits ensuite en farine) sont nécessaires pour nourrir 1 kg de thon rouge.

La surpêche et l’élevage intensif représentent une menace pour l'équilibre écologique de certaines régions côtières (principalement le Sénégal et les côtes sud-américaines) et ruine l'économie locale.

Filets, chaluts ou casiers, souvent utilisés au delà des limites de renouvelabilité des espèces pêchées, sont responsables d'importantes régressions des espèces-cibles et parfois non-cibles.

On reproche aux instruments de pêche intensive comme les filets dérivants, leur manque de sélectivité, c'est à dire de prendre aussi bien des thons, que des dauphins et des tortues. Leur trop grande efficacité s’avère dangereuse pour l’équilibre des espèces et le maintien des ressources. Cette pratique de pêche, pourtant réglementée par l’Union Européenne en 2002, continue pourtant à être utilisée aussi bien en Méditerranée que dans les eaux du monde entier.

 

Le massacre continue au large des côtes africaines, où les pêcheurs traditionnels, devenus incapables de trouver du mérou, s'embarquent comme esclaves à bord des navires-usines chinois.

On a observé un flux migratoire de phoques affamés depuis le Groenland vers les côtes du Canada. En Europe, dauphins et marsouins semblent descendre vers le sud puisque le nord de l’océan Atlantique nord est surexploité.

Au large de Terre-Neuve, la raréfaction des poissons a entraîné une diminution de la taille moyenne des baleines à bosse qui fréquentent ces eaux.

Au Chili,  l'élevage industriel intensif du saumon, qui loin de ménager la nature, l'étouffe et la pollue. L'excès a mené à la fermeture de tous les élevages et à condamner les emplois qui en dépendaient.

Lors de la conférence de la CITES, le Japon, largement suivi par les pays en développement, qui craignent que les Japonais ne s'attaquent à leur "gibier marin", est resté sourd à l'appel des scientifiques et des écologistes.

Le thon a perdu la guerre, les intérêts économiques ayant remporté une victoire écrasante sur la conservation de notre planète. Il faut pourtant garder en mémoire que c'est bien la nature qui nourrit l'homme. Tant qu'elle peut le faire.

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que dire de plus hormis que

que dire de plus hormis que ce qui arrive pour le thon rouge se passe aussi pour les forêts, l'eau douce, les terres arables...

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