Madagascar. Ils parcourent 3.000 km à vélo pour connecter des écoles.

Il y a de nombreuses façons d’initier un cercle vertueux en matière de développement durable. Sami Hamadouche a choisi l’entrée numérique. Avec son association « L’école du futur pour les enfants de la terre », cet ancien informaticien de 43 ans a décidé de partir dans le nord-est de Madagascar pour relier à Internet trois collèges à Antsirabe, Mahajanka puis à l’Ile Saint-Marie. Un périple de 3000 km à vélo au cours duquel il traversera cinq villes et une quinzaine de villages.

 


A gauche, Sami Hamadouche, fondateur de l'association l'école du futur pour les enfants de la terre.

 

L’initiative consiste à compléter ou mettre à jour leur parc informatique. Entre six et dix ordinateurs portables, un disque dur externe de sauvegarde, cinq appareils photos, un caméscope numérique et des logiciels comme OOo4kids (bureautique) ou Audacity (sons, musique), viendront équiper les écoles. Des matériaux résistants, performants et intuitifs, dans l’esprit de l’Ipad ou de l’OLPC (one laptop per child), mais aussi des logiciels Open Sources en lien avec la philosophie du libre, comme le système d’exploitation Linux seront accessibles aux jeunes.

 


Le collège de l’Alliance française sur l’ile Sainte-Marie à Madagascar, l'une des trois écoles où se dérouleront les ateliers informatiques.

 

Une fois la partie technique terminée, des ateliers informatiques prendront place. Au menu : création de journaux, de blogs, de podcasts, d’une web TV… des travaux sur des enregistrements audio et vidéo ou encore la réalisation d’affiches pour des événements locaux (fêtes locales, mariages etc.)

 

 

Entre ces trois écoles, de nombreuses étapes rythmeront le voyage. Grâce à l’installation d’une école mobile dans chaque village traversé. Un matériel que transporteront Sami et son compagnon de route, un jeune Francilien de 19 ans, grâce à leurs sacs à dos et trolleys. Pour alimenter et relier les ordinateurs au réseau, ils ont prévu d‘utiliser, entre autres, des panneaux solaires, une turbine hydraulique et des relais satellites En partenariat avec l’association le Lemurien basée près de Nantes et avec le soutien de bénévoles parisiens et de toulousains, ils inaugureront également un centre de ressources pour les professeurs dans la ville d‘Amahazaza. Il sera dédié à la formation des enseignants qui formeront par la suite des collègues ou toute personne intéressée par l'informatique. C’est là que le projet prend toute sa dimension durable. « Il ne s’agit pas de parachuter des ordinateurs modernes et basta », explique Sami Hamadouche. Parallèlement à cela, l’association lance l’opération 1km = 5 euros d’investissement durable : 3 euros pour les écoles du futur, 1 euro pour l’alimentation et les outils agraires, avec notamment l’achat de zébus, 1 euro enfin pour l’environnement via des chantiers de reboisement et la promotion de l’agriculture raisonnée (en permettant par exemple d’acheter des semences plus respectueuses de la nature).

 

L’installation d’un réseau et de matériel est aussi un outil de développement des zones rurales souvent très enclavées. « Il n’y a parfois qu’un seul portable par village. Il sert à commander de la nourriture, appeler les médecins et à une multitude d’usages, décrit Sami. Internet leur permettra d’effectuer ces tâches mais aussi de faciliter la création de coopératives, pour mutualiser les besoins des villages, de rester en contact avec leurs familles éloignées etc., etc.» L’idée est de faire que les activités dépassent le cadre de l’école. Par exemple, que les salles informatiques soient accessibles pour les frères et sœurs et la famille, le weekend, dans l’esprit d’un cyber café. Avec pour objectif ultime de créer un réseau local entre les enfants malgaches, voire même de construire une passerelle entre eux et les écoliers français. Des écoles et un collège de l’agglomération nantaise participent déjà au projet, qui pourrait déboucher sur la réalisation d’un livre écrit en commun avec les enfants des deux pays (des contes et histoires d’enfants, par exemple, en version papier et électronique). Un projet ambitieux qui ne sera, bien sûr, pas atteint au printemps 2010. Ce premier voyage n'est que la première étape du programme prévu pour une durée de deux à cinq ans. D'ici là, douze à quinze sites de référence devraient avoir vu le jour sur le territoire afin de développer un maillage accessibles aux enfants et aux enseignants. Pour pouvoir se concentrer enfin exclusivement sur le travail avec les enfants, le cœur de cible que Sami ne perd jamais de vue, en rappelant que si « l’informatique n’est qu’un outil, l’éducation est, elle, la clef du développement. »

 

 

Site de l’association « L’école du futur pour les enfants de la terre ». Vous pourrez y découvrir le projet plus en détail ou participer à la souscription « 1 km= 5 euros  », qui est toujours en cours. La moitié des fonds à déjà été récoltée. http://web.me.com/ecoledufutur/ecoledufuturmadagascar

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