Le tourisme durable, une belle idée … encore faut-il en avoir les moyens !

 

Le développement durable est, du moins dans les pays occidentaux, un terme largement utilisé et bien à la mode ! Il est évidemment important de se préoccuper de ces questions là, mais il faut bien être conscient que les pays pauvres n’ont pas les mêmes priorités ni les mêmes critères écologiques, économiques et sociaux que les pays industrialisés.

J’ai eu la chance, avec quatre autres étudiants, de pouvoir faire une étude sur ce thème, en Indonésie. Nous nous sommes plus particulièrement intéressés au tourisme durable, à Yogyakarta. A travers notre étude, nous avons pu constater que le tourisme durable n’était pas vraiment une priorité pour les structures touristiques de la ville. En effet, dans un pays pauvre où beaucoup de gens dorment dans la rue, manquent de nourriture, vivent dans l’insalubrité, etc. on peut comprendre qu’ils aient d’autres préoccupations, à leurs yeux plus existentielles.

De plus, il n’existe, à l’heure actuelle, aucune initiative des pouvoirs publics. Sans aucune aide, ni sensibilisation aux principes de développement durable, il est donc difficile pour la population d’initier cela, même si quelques projets individuels sont parfois menés.

Nous avons eu l’opportunité de rencontrer le Président de l’association des hôteliers de Yogyakarta, Drs. Istidjab et, selon lui, la cause première du mauvais développement touristique de la ville serait l’inexistence d’aides et de subventions de la part de l’Etat Indonésien à encourager le développement d’une activité touristique plus contrôlée et mieux gérée qu’en l’état actuel des choses. Drs. Istidjab ne fut pas surpris d’apprendre ce qu’il ressortait des résultats de notre enquête, à savoir que les petits hôtels étaient peu conscients de l’importance des enjeux économiques, culturels, sociaux et environnementaux que pouvait engendrer le tourisme à Yogyakarta et les problèmes que cela pourrait poser si la situation n’évoluait pas.

Il nous a expliqué que, dotés de faibles moyens, les petites structures ne pouvaient envisager d’investir dans des aménagements conformes aux principes de développement durable, qui sont, il est vrai, très chers. Le recyclage de l’eau, l’économie sur l’électricité, le tri des déchets apparaissent comme des efforts superficiels et inutiles dans leurs esprits. D’autant plus que l’ensemble des professionnels n’étant pas impliqués dans cette voie, il n’existe aucun mouvement qui encouragerait chacun à revoir la gestion de son activité. Le tourisme est une activité qui n’est pas réellement encadrée par l’Etat et où chacun décide de faire comme bon lui semble. Il serait utile qu’un travail de formation soit entrepris par les pouvoirs publics afin de sensibiliser la population locale aux questions de développement durable.

De même, il serait important de former les acteurs du tourisme à l’anglais, ce qui leur permettrait d’être plus proches des touristes étrangers et de leurs attentes. Dans l’idéal, il serait donc souhaitable qu’il y ait une collaboration entre acteurs privés et publics afin de mettre en place des actions concrètes quant au développement d’un tourisme durable dans la région.

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