
Les préoccupations liées à la protection de l’environnement commencent à créer des besoins en termes d'emplois et de compétences, mais « les recrutements concernent plutôt des profils confirmés ou non cadres », tempère Pierre Lamblin, à l’Apec : cette dernière n’a en effet recensé en 2009 que 90 embauches de jeunes diplômés, pour 1 370 postes de cadres dans l’environnement.
« Il existe une forte prime à l’expérience dans le secteur, qu’il s’agisse d’un premier poste ou d’un stage de six à neuf mois », indique Sébastien Hampartzoumian, DG de Page Personnel, qui constate aussi l’existence d’un véritable décalage entre les formations et la demande du marché. En effet, tandis que les métiers verts sont très spécialisés, « beaucoup de jeunes se forment à un domaine qui les fait rêver, mais qui n’a pas de réalité économique. (…) Le traitement de l’eau, la gestion des déchets ou la haute qualité environnementale offrent des postes pour des profils de technicien ou d’ingénieur », explique Sébastien Trollé, directeur commercial du site Emploi-environnement.
Tous les indicateurs de l’agriculture biologique sont au vert. L’année dernière, 3 769 nouvelles exploitations se sont engagées en bio : c'est plus de 300 en moyenne par mois. Par ailleurs, le chiffre d’affaires généré par la filière a atteint 3 milliards d’euros, soit une hausse de 19 % sur un an (un quasi-doublement par rapport à 2005), précise l’Agence Bio, en charge de la promotion de l’agriculture biologique en France. De plus, les prix des produits bio « n’ont, en moyenne, pas augmenté » en 2009, indique l’Agence. Cependant, 38 % de ceux consommés en France doivent encore être importés. La hausse de la consommation « bio » en est responsable, car l'an dernier, ce chiffre avoisinait les 30% seulement.
Parmi 163 pays jugés sur vingt-cinq critères environnementaux (pollution, mortalité infantile…), la France se classe au 7ème rang en 2010. L'Indice de Performance Environnementale est établi chaque année par des chercheurs des universités Yale et Columbia. La 1ère place est occupée par l’Islande, la 163ème place revenant au Sierra Leone. Les États-Unis se classent 61ème. http://www.populationdata.net/index2.php?option=article&aid=674&article=... 2010).
Du 19 au 21 mai 2010, Dunkerque a accueilli les 1 500 représentants de collectivités de 56 pays participant à la 6ème conférence européenne des villes durables, tenue pour la première fois en France. Le résultat ? Deux motions destinées aux institutions européennes et aux négociateurs internationaux pour le sommet de Mexico sur le climat (COP161) : « nous voulons qu’ils comprennent que décider de cycles de réduction des émissions sans tenir compte de ce qui existe au niveau local est insensé », indique Gini Van Begin, directeur européen de l’Iclei2. En effet, environ 85 % du PIB européen est généré par les villes, qui abritent 80 % de la population et consomment 73 % de l’énergie totale, explique Olivier Ducuing, des Échos :« un poids qui justifie, selon les élus, une prise en compte beaucoup plus significative dans les politiques de lutte contre le changement climatique des collectivités », déjà engagées de longue date dans des actions de "durabilité" développement durable. La Conférence a réaffirmé la nécessité de mutualiser et valoriser les bonnes pratiques, de renforcer son lobbying pour que les collectivités soient bien plus intégrées dans les politiques de développement durable et cessent d’être considérées comme « de simples exécutants des politiques nationales ou européennes », et enfin pour que soit formellement reconnu le rôle de l’échelon territorial : « nous allons veiller à ce que le rôle des collectivités locales figure dans les textes », explique Ronan Le Dantec, de la CGLU3. Les collectivités veulent également obtenir « un accès direct aux financements internationaux, notamment les mécanismes de développement propre », et attendent des décisions rapides sur une réallocation de quelque 150 millions d’euros de fonds européens (hors fonds agricoles) programmés et non dépensés, à des projets locaux d’énergie renouvelables. Par ailleurs, les villes européennes souhaitent que les objectifs des plans climat soient directement intégrés à la politique de cohésion économique et sociale de l’Europe. En effet, l’UE travaille actuellement sur une réforme des fonds structurels qui financent cette politique, dont les villes perçoivent aujourd’hui moins de 7 %. Enfin, a été soulignée l'importance « d’une vraie politique urbaine communautaire, à laquelle le traité de Lisbonne a fourni en 2007, pour la première fois, une base légale » (Gérard Magnin, directeur de l’association Éner-gie-Cités). Johannes Hahn, nouveau commissaire européen à la politique régionale, semble être ouvert à cette proposition.
Le 21 mai, dans le cadre de la 6ème conférence européenne des villes durables, Johannes Hahn, commissaire européen à la politique régionale, s’est dit favorable à ce que « la politique urbaine devienne une nouvelle cible de l’Union européenne. (…) Le rôle des villes est essentiel : à elles seules, les mesures prises à Londres ont plus d’impact que celles de plusieurs États membres de l’Union européenne ». en réponse à la demande Au-delà d'une simple reconnaissance symbolique, M. Hahn a esquissé les grandes lignes d’une stratégie nouvelle : l’Europe a une politique agricole commune (PAC) depuis un demi-siècle, mais elle n’a jamais formellement défini de politique urbaine. « Avant la fin de l’année, la Commission aura élaboré un document de politique urbaine, avec une vision de la ville européenne d’avenir, des exemples de bonnes pratiques, en abordant les questions de la forme urbaine, de la planification, des transports publics, des espaces verts, etc.(…) La politique de cohésion va être un véhicule pour transformer cette vision en réalité. (…) Il y a toujours eu une dimension urbaine dans nos politiques de cohésion, mais il n’y a pas d’enveloppe pour la politique urbaine ; notre ambition est un soutien plus fort et plus directement dédié aux aires urbaines dans la prochaine période des fonds structurels. La politique urbaine est intégrée : logement, transport, efficacité énergétique, activité économique... C’est l’objectif de la Commission d’offrir un programme intégré aux villes à l’intérieur de la politique régionale », a commenté M. Hahn devant la presse. En effet, les villes perçoivent aujourd’hui moins de 7 % des fonds structurels européens, ce qui est une aberration quand on sait à quel point elles contribuent - dans l'ombre - à la politique de cohésion communautaire. Reste une difficulté dirimante, évoquée par M. Hahn : « nous devrons convaincre les États membres que nous avons besoin d’argent pour réaliser cela ». Or la plupart des gouvernements souhaitent avant tout réduire l’enveloppe des fonds de cohésion. De plus, certains États sont peu enclins à accorder plus d'autonomie à leurs collectivités locales. Faisant abstraction de ces considérations étatiques, la Commission a déjà commencé à travailler directement avec les villes sur les questions de climat, créant en 2009 l’Alliance des maires pour aider les villes déterminées à dépasser l’objectif européen de baisse des émissions de CO2 de 20 % d’ici à 2020 : quelque 1 700 villes s’y sont déjà engagées.